Victor Hugo romancier

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Quand Victor Hugo fait ses premiers pas de romancier avec Han d’Islande en 1823, il a pour ambition d’écrire un roman noir dans la lignée de Walter Scott. Mais d’emblée, l’œuvre, touffue, fourmillant de digressions annonce ce roman rêvé par Hugo qui soit, selon ses dires, « à la fois drame et épopée, pittoresque mais poétique, réel mais idéal, vrai mais grand », qui soit, en un mot, aussi varié que le drame shakespearien.
En reprenant à son compte les procédés du roman populaire et du conte, Hugo n’abandonne pas pour autant les grandes interrogations métaphysiques qui jalonnent toute son œuvre. Il pose la question de la nature du mal et soulève les grands mystères de la liberté et de la destinée à travers la création de personnages « mythiques et complexes (Quasimodo, Jean Valjean, Cosette, Gwynplaine ou Gauvain) qui reflètent les tourments de l’individu jugé monstrueux par l’ordre social. Nous montrerons ainsi dans cette conférence que le cycle des premiers romans, qui s’achève avec la parution de Notre-Dame de Paris en 1831, annonce précisément les grands romans de l’exil où, des Misérables (1862) à Quatre-vingt treize (1872), Hugo s’affirme comme un admirable romancier oscillant entre le sentiment tragique de l’Histoire et l’aspiration utopique au progrès, jouant des contraires et des stéréotypes pour mieux sonder en profondeur le mystère du réel et de l’humain.

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