La littérature européenne à la veille de la guerre de 14-18

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"Neue Lippen, ein neuer Seufzer - Das Tagebuch Arthur Schnitzlers": Zum 70. Todestag von Arthur Schnitzler. Im Bild: Arthur Schnitzler SENDUNG: ORF2, So, 28.10.2001, 09.20 UHR. - Veroeffentlichung fuer Pressezwecke honorarfrei ausschliesslich im Zusammenhang mit oben genannter Sendung des ORF bei Urhebernennung. Foto:ORF/-. Andere Verwendung honorarpflichtig und nur nach schriftlicher Genehmigung der Abteilung ORF/GOEK-Photographie. Copyright:ORF-PHOTOGRAPHIE, Wuerzburggasse 30, A-1136 Wien, Tel. +43-(0)1-87878-14383.

 

Jusqu’à la déclaration de guerre en août 1914, les écrivains français n’ont pas semblé prendre conscience de l’imminence du conflit et du désastre à venir. Si Maurice Barrès, disposant alors d’un immense prestige, pouvait se poser en sentinelle patriotique et revancharde, Proust amorçait seulement sa recherche du temps perdu, signant la fin d’un monde et clôturant le XIXe siècle, Alain-Fournier et son Grand Meaulnes furetait du côté de l’enfance et du mystère, Mauriac inaugurait son œuvre dans les tréfonds de la vie provinciale, Gide poursuivait sa quête ironique et critique…  Nous nous attacherons donc beaucoup plus au regard rétrospectif des écrivains qui ont su témoigner, plusieurs années après le conflit auquel ils ont assisté, de l’étrange climat qui régnait avant-guerre : Aragon (Les Voyageurs de l’Impériale), Martin du Gard (Les Thibault), Jules Romains (Les hommes de bonne volonté), Céline (Mort à crédit) du côté français et Robert Musil (L’Homme sans qualités), Thomas Mann (la fin de La Montagne magique), Hermann Broch (Les Somnambules) du côté allemand et autrichien… Tous ces écrivains ont en commun d’avoir évoqué les quelques mois, voire les quelques semaines, qui ont précédé la guerre, ce moment où la civilisation occidentale n’avait pas encore pris conscience qu’elle était mortelle.

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