La femme et l’amour à travers les héroïnes du roman européen (de la Princesse de Clèves à Lady Chatterley)

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Dès la fin du XVIIe siècle, les héroïnes du roman européen sont toutes confrontées au dilemme de la libéralisation des passions. Un nouveau discours amoureux apparaît en effet au XVIIIe siècle et se poursuit jusqu’à la fin du siècle suivant : il s’interroge sur le sens des passions, sur l’attitude que le femme adopte face au plaisir : de la renonciation expiatrice à la revendication effrénée.

Nous montrerons les trois inflexions majeures du roman européen sur ce thème : la première, qui s’ouvre avec La Princesse de Clèves (1678) de Mme de Lafayette et qui se poursuit avec Samuel Richardson et Jean-Jacques Rousseau est issue de la tradition occidentale et chrétienne et décrit le conflit entre exigence morale et tentation du plaisir en prônant la nécessité de la vertu.

La seconde inflexion décrit son contraire puisqu’il s’agit du roman libertin qui revendique la jouissance et le libre exercice de tous les plaisirs, ceux du corps comme ceux de la pensée. Manon Lescaut (1731) de l’abbé Prévost, les Liaisons dangereuses (1782) de Laclos et bien sûr les romans de Sade de manière radicale constituent quelques unes des grandes réussites du genre.

La troisième inflexion concerne le roman réaliste et symbolique apparu au XIXe siècle. Ce roman dit moderne, que nous aborderons avec Flaubert, Tolstoï et, pour finir, avec D. H. Lawrence devient profondément ambivalent dans la peinture des passions et des plaisirs, assimilant l’opposition traditionnelle du vice et de la vertu pour en mieux en montrer la porosité et les conséquences tragiques sur le destin des femmes.

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