La littérature russe au XIXe siècle – 6e séance : Léon Tolstoï, romancier de la totalité et de l’infini (suite et fin)


Détails de l'événement


Nous aborderons lors de ces huit séances l’âge d’or de la littérature russe au XIXe siècle à travers ses figures majeures (Pouchkine, Lermontov, Gogol, Dostoïevski, Tourgueniev, Tolstoï, Gontcharov, Gorki et Tchekhov). Nous montrerons que ces romanciers se définissent, à l’exception notable de Tchekhov reconnu par ses qualités de dramaturge et de nouvelliste, par leur singularité et leur puissance, rompant ainsi avec la tradition séculière du roman réaliste européen. Nous comprendrons que ces écrivains extraordinaires ont su prédire les bouleversements futurs (ceux du siècle suivant…) et qu’ils ont ouvert l’univers romanesque à des problématiques politiques et religieuses passionnantes qui concernent autant la question de l’individu que celle de Dieu et de sa mort présumée.

 

Léon Tolstoï, « le plus grand romancier de la Russie et peut-être du monde » selon Tourgueniev, est parvenu, avec Guerre et Paix et Anna Karénine, au sommet de l’art romanesque. Outre ses deux grands romans, nous aborderons ses premiers récits (Enfance, Adolescence, Jeunesse ; Les Cosaques…) qui dénotent déjà une grande maîtrise et nous évoquerons les chefs d’oeuvre de la dernière période (La Mort d’Ivan Ilitch ; Maître et Serviteur…) qui, à travers une écriture sobre, parlent de l’expérience de la mort et de la maladie. Nous essaierons d’évoquer l’art du roman tolstoïen : la finesse de l’analyse psychologique, la puissance du souffle épique qui parvient à rendre le monde dans sa totalité, la multiplicité des intrigues, l’utilisation du monologue intérieur, la multiplication des points de vue sur une même action… qui prouvent sa démarche novatrice. Avec Tolstoï, tradition réaliste et recherche spirituelle ne sont plus antagonistes : il parvient à sonder l’essence des êtres et des choses, non par la médiation de l’idée, mais par celles des images et des symboles, qui lui permettent de rendre visible ce qui ne l’était pas et d’être ainsi le grand poète de l’espace romanesque.