Barbey d’Aurevilly (1808 – 1889) ou l’écriture du désir

barbey-d-aurevilly
Jules Barbey d’Aurevilly n’occupe sans doute pas la place qu’il mérite parmi les grands romanciers français du XIXsiècle. Si ses origines normandes peuvent le rattacher à Flaubert et Maupassant, ses préoccupations esthétiques, idéologiques et politiques l’ont au contraire éloigné d’eux. Bien que Barbey d’Aurevilly ait sympathisé dans sa jeunesse avec les idées libérales et républicaines, il connaît un revirement profond au début des années 1840. Il prône dès lors un catholicisme intransigeant et ultramontain : polémiste redouté, il pourfend la démocratie et la libre pensée et se fait l’ardent défenseur des « prophètes du passé » qui, de Maistre à Bonald, ont combattu la Révolution française.
C’est avec Une vieille maîtresse, parue en 1851, que Barbey d’Aurevilly devient un romancier reconnu et controversé. Les œuvres majeures se succèdent : L’Ensorcelée (1854), Un prêtre marié (1865), ou Les Diaboliques (1874) témoignent d’un imaginaire hanté par la passion et l’expérience du Mal. Nous tenterons ainsi de montrer que le grand romancier chrétien, qui n’a cessé de confronter l’individu au surnaturel, a d’abord été un peintre sans concessions du cœur humain et de ses tourments et qu’il ouvert la voie aux œuvres de Léon Bloy et de Georges Bernanos.

Tagués avec :